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Analyses et statistiques

Session 1 - Question du panel

Réponses à certaines questions que le panel s'est posé en Session 1.

Pour Bertrand Kiefer :« N’est-ce pas défaitiste de parler de la « mort de l’université » ? »

Réponse de Bertrand Kiefer :

"L’idée, évidemment, n’est pas d’être défaitiste, mais de jauger les forces en présence. 

Par leur pensée et discours, en particulier par la liberté de la recherche, les universités dérangent. Pas seulement aux Etats-Unis. Dans tous les pays, y compris démocratiques, y compris en Suisse, on observe une volonté politique croissante de maîtriser leur autonomie dans les manières de penser, de chercher et d’enseigner.

Les universités sont une forme de culture, de civilisation, et en ce sens sont mortelles. Elles sont apparues en Europe, au 12ème siècle et rien n’empêche leur disparition au 21ème. L’ensemble de sciences humaines et naturelles, en dialogue et s’éclairant mutuellement, pourrait laisser la place à de la recherche et de l’enseignement uniquement utilitaristes, ou idéologiquement fermés, sans diffusion ni échange des savoirs. Certains patrons de big tech américaines plaident par exemple pour des systèmes de recherche et d’enseignement technologiques uniquement, orientés selon leurs intérêts et financés par eux. Ils ne voient pas le besoin de philosophie, d’épistémologie, de sociologie, de recherche fondamentale ou désintéressée, etc.

Dans une époque de déni climatique, environnemental et sociétal, la science est de plus en plus tenue au silence. Avec la montée des autoritarismes, on voit apparaître des formes de criminalisation de la production ou diffusion de faits scientifiques. Aux Etats-Unis, des bases de données environnementales ont été détruites, des indicateurs de santé publiques abandonnés. Les universités sont non seulement sommées d’adopter des directives idéologiques, mais sont aussi privés de sources essentielles de connaissance.

Toutes les activités de l’uni sont menacées par les régimes et autoritaires. Et partout, Suisse comprise, montent en puissance des politiques de contrôle.

En 2037 existera-t-il encore des universités intégrant et faisant dialoguer les savoirs et les recherches, et où l’on peut regarder en face (et étudier et enseigner) la réalité climatique, environnementale et sociale, aussi dérangeante soit-elle ? Rien n’est assuré.

Les chercheurs ont une claire responsabilité : prendre la science, et ce qu’elle annonce de difficile, par exemple au niveau des limites planétaires, au sérieux. Et ne pas céder là-dessus. Ce qui passera probablement par la création d’une véritable contre-culture, d’un écosystème de valeurs, de résistances et de manières originales de diffuser les savoirs."

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